Le sol, un espace à partager : signature d’une déclaration d’intention à l’occasion du colloque "foncier" du 2 décembre 2021

publié le 16 décembre 2021 (modifié le 17 décembre 2021)

Le sol, ressource précieuse et limitée

La disponibilité foncière conditionne le potentiel de développement des activités économiques, de la production agricole, des constructions de logements et des aménagements urbains. Mais le sol est une ressource limitée, et les espaces naturels, forestiers et agricoles ne peuvent être considérés comme source inépuisable de surfaces dédiées à l’urbanisation.

Les enjeux réunionnais

À La Réunion, l’emprise urbaine augmente régulièrement. Ces dernières années, elle grignotait un peu plus de 130 ha/an pour un territoire de 2 512 km2. Le recensement agricole de 2020 montre que la surface agricole utilisée a diminué de 10 % et enregistré une perte de 4000 ha en 10 ans. Cela représente la perte en surface d’environ 667 exploitations agricoles (d’une SAU moyenne de 6 ha).
Ce constat appelle une action volontariste pour préserver les terres cultivables et répondre à l’ambition d’autonomie alimentaire en 2035, alors que les besoins en logements et en équipements restent considérables au regard notamment de la croissance démographique.
La préservation des sols contribue par ailleurs à la lutte contre le changement climatique par l’absorption du CO2 et des pluies, et à la préservation de la biodiversité.

C’est pourquoi la gestion économe et partagée des espaces représente un enjeu majeur pour le développement durable à La Réunion.

Une notion nouvelle qui s’impose à La Réunion : le zéro artificialisation nette des sols

Les travaux de la convention citoyenne, puis la loi Climat et Résilience adoptée le 22 août dernier, nous engagent collectivement dans une trajectoire de zéro artificialisation nette des sols d’ici 2050. L’objectif fixé au niveau national est de réduire de moitié le rythme de consommation de l’espace dans les 10 prochaines années.

Il convient par conséquent de s’organiser pour assurer une gestion économe et équilibrée des ressources foncières. C’est pourquoi l’État, la Région et le Département ont décidé de travailler ensemble sur les moyens permettant de concilier la préservation de l’espace agricole et naturel avec les enjeux de développement urbain et économique.

Jacques Billant, préfet de La Réunion, Huguette Bello, Présidente du Conseil régional, et Cyril Melchior, Président du Conseil départemental, ont réuni le jeudi 2 décembre les acteurs concernés par la politique foncière à La Réunion, à l’occasion du colloque consacré au foncier, intitulé "quelle stratégie foncière pour la Réunion ?".


Le programme d’action pour le territoire

L’ambition partagée de gestion durable du foncier se traduit dans une déclaration d’intention signée à l’issue du colloque, qui prévoit notamment l’élaboration prochaine d’une charte zéro artificialisation nette . Cette dernière pourra être signée par l’ensemble des partenaires institutionnels volontaires. Elle permettra de recenser et faire connaître les outils à disposition des acteurs et des exemples de bonnes pratiques.


De gauche à droite : Christian ANNETTE, élu régional délégué à la politique foncière et aux opérations d’aménagement ; Jacques BILLANT, préfet de La Réunion ; Serge HOAREAU, 1er vice-président du Conseil départemental, chargé des questions agricoles.