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Canne

I – Présentation

La filière canne à sucre de la Réunion compte 2 sucreries, 11 centres de réception (« balances ») et 3 distilleries produisant majoritairement du rhum de sucrerie. Elle emploie 3 200 planteurs sur 23 462 ha (56 % de la SAU). La filière représente 13 800 emplois (dont 11 800 emplois directs et 2 000 emplois indirects), auxquels s’ajoutent 4 500 emplois induits, soit au total 13,3 % des emplois du secteur privé à La Réunion. La filière canne est la filière historique dite « pivot », elle a permis l’émergence de filières dites « de diversification » que constituent l’élevage, aujourd’hui encouragée dans le cadre du programme DEFI, et plus récemment de la filière fruits et légumes.
Les deux sucreries Le Gol et Bois Rouge appartiennent depuis 2010 au groupe sucrier français Téréos, deuxième producteur européen de sucre.

Les produits

1. Le sucre

L’année 2015, avec 1 896 104 tonnes (contre 1 763 656 tonnes de canne en 2014), pour une richesse moyenne de 13,28 % (13,91 % en 2014), reste la meilleure campagne après 3 années marquées par des sécheresses successives.
Les objectifs de production sont de 2 millions de tonnes.
La production de sucre est de l’ordre de 200 000 tonnes ( 196 000 t en 2014).
Dont : 110 000 t de sucre brut destiné au raffinage, qui va se trouver après la fin des quotas en 2017, en concurrence directe avec les 14 millions de sucre de betterave européen. Mais aussi 85 000 t de sucre spéciaux roux non raffinés, destinés à l’export, sur un marché de niche, limité à 250 000 t pour l’UE.

2. Le rhum

En 2015, la filière a produit 88 000 hl de rhum dont 49 000 de rhum de sucrerie, 37 000 hl de rhum léger, 370 hl de rhum agricole et 1 244 hl d’autres alcools.

3. Les autres produits

La filière produit également 70 000 t de mélasse, 570 000 t de bagasse servant entre autre à la production de 260 GWh soit environ 10 % de la production d’électricité ; mais aussi 80 000 t d’écume et des cendres qui constituent une importante source d’amendement et de fertilisant pour les sols de l’île.

Les soutiens publics :

La filière Canne sucre rhum énergie bénéficie de plus de 130 millions d’€ d’aides publiques annuelles.
Les aides européennes et nationales dans le cadre de la réforme de l’OCM sucre, sont reprises dans la nouvelle convention « Etat-planteurs-usiniers » 2015/2021 qui comprend un engagement pour 2015 et 2016 de garantie de la pérennité de la filière Canne-sucre , et prévoit un bilan d’étape en 2016 (volet B).

II – Les ENJEUX

La fin des quotas sucriers et la libéralisation du marché du sucre dans l’UE, au 1er oct 2017 changent radicalement l’environnement économique et réglementaire de la filière. La fin des quotas va encore accentuer le handicap naturel des sucreries des DOM vis-à-vis du sucre d’Europe issu de betteraves.
Pourtant le rôle de cette filière est fondamental en matière d’aménagement du territoire, d’environnement (rôle antiérosif, énergie renouvelable apporté par la bagasse, stockage du carbone), en matière sociale (emplois directs et induits) et culturel (histoire, paysages, patrimoine).

L’avenir de l’agriculture à La Réunion ne saurait être envisagé sans la filière canne-sucre, puisqu’elle constitue :
- le pilier vital de l’agriculture, indispensable pour le maintien et le développement de l’ensemble des filières, dans une logique de synergie entre filières et d’économie circulaire ;
- une filière pourvoyeuse d’emplois (18 300 emplois directs, indirects et induits, soit 9 % de la population active et 13,3 % des emplois du secteur privé) ;
- une filière essentielle pour l’économie de l’île et pour la balance commerciale, le sucre occupant la première place de nos exportations ;
- une filière essentielle en termes d’occupation et d’aménagement du territoire. La protection du foncier reste ici un enjeu majeur pour la filière. La commission départementale de consommation des espaces agricoles qui évolue en commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF), créée par la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche et installée à La Réunion fin 2012, contribue à freiner l’expansion urbaine sur les meilleures terres agricoles ;
- une filière majeure pour la préservation de l’environnement, et notamment pour la lutte contre le réchauffement climatique sous un triple aspect :
- absorption de 100 % du CO2 produit à La Réunion ;
- production d’énergie durable à travers la bagasse, permettant de couvrir 10 % des besoins d’électricité de l’île ;
- maintien des sols et lutte active contre l’érosion ;
- mais encore filière faisant partie intégrante du patrimoine réunionnais à préserver.

III – Les Perspectives

La canne est aujourd’hui principalement valorisée sous forme de sucre, de rhum, d’électricité ou encore d’engrais. Mais un travail important est réalisé au niveau du secteur de la recherche à La Réunion pour développer de nouvelles valorisations de la canne : production de papiers, de cartons, d’isolants thermiques, de panneaux agglomérés, de films, de textiles, de plastiques, de revêtements protecteurs ou adhésifs, etc. Ces nouvelles possibilités de valorisation dans le cadre de la « chimie verte » démultiplient le potentiel exceptionnel de la canne et constituent donc une chance pour la filière, à valoriser dans le nouveau contexte de la filière « sucre ».

Par ailleurs, le groupement d’intérêt économique eRcane est implanté à La Réunion depuis 1929 et dispose d’une expertise reconnue mondialement dans le domaine de la recherche, en particulier sur la sélection génétique et la création de nouvelles variétés de canne.
Préserver et réorienter la production sucrière vers les sucres spéciaux (sucres roux non destinés au raffinage) qui constituent un marché de niche haut de gamme.
L’avenir de la filière passe par le renforcement des gains de productivité et, surtout, par l’amélioration de la valeur ajoutée.

Les fiches action décrivant les mesures qui ont été validés sont accessibles par le lien suivant :FICHES ACTION

FEADER
 
POSEI